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« Nous héritons d'un dérapage budgétaire de huit milliards d'euros, c'est inaceptable », a réagi Edouard Philippe, le Premier ministre. Pour autant, sera-t-il aidé par les deux rapports publiés ce jour par la Cour des comptes et l'assurance maladie. Rien n'est moins sûr.

L'ordonnance concernant la santé rédigée par les magistrats de la rue Cambon ne comprend en effet pas de thérapeutique nouvelle. Elle aurait pu être délivrée sans dommage au cours des années précédentes. Sans surprise est donc pointée la part prépondérante de l'hôpital (35 %) dans le système français, une part plus importante que dans les autres pays européens. Afin de la réduire encore davantage, les GHT sont invités à réaliser d'importants gains d'efficience. Le développement insuffisant de la chirurgie ambulatoire est une fois de plus pointé dans le rapport. Les magistrats avancent ici une économie de 600 millions d'euros en cas d'alignement des tarifs de la chirurgie conventionnelle sur ceux de la chirurgie ambulatoire, soit nettement moins que les projections avancées il y a quelques années. Sont également dénoncées les prescriptions hospitalières et le transport sanitaire. Quant à la prise en charge de l'insuffisance rénale chronique terminale, elle serait une source d'économies importante pour l'assurance maladie. Bref, le gouvernement ne dispose ici pas de pistes nouvelles pour réduire les dépenses.

Sera-t-il davantage aidé par l'assurance maladie ? Elle suggère 1,94 milliard d'euros de réduction des dépenses de santé en 2018. Ce montant ne comprend pas les efforts du gouvernement en matière de négociation des prix des médicaments ni ceux effectués habituellement dans le domaine de la sphère hospitalière. Les plus fortes économies , 750 millions d'euros, cibleront les médicaments avec de meilleures prescriptions et la promotion des génériques et des biosimilaires. Le virage ambulatoire avec des prises en charge plus adéquates permettra 470 millions d'euros d'économies. Un autre poste "pertinence et usage des soins" générera 510 millions d'euros comprenant 160 millions pour la baisse des frais de transport et 100 millions en matière d'indemnités journalières (arrêts maladie). Enfin, la lutte contre les fraudes et les abus réduirait les dépenses de 210 millions d'euros supplémentaires.

Bref, autant de "recettes" préconisées depuis longtemps qui exhalent un parfum de déjà connu. Faut-il parler de remake ?