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Le débat, dans cette campagne présidentielle, sur l’avenir de l’assurance-maladie est édifiant. François Fillon, en avançant un projet de nouveau partage des rôles entre la Sécurité sociale et les organismes complémentaires (mutuelles, assurances, institution de prévoyance) a déclenché bien involontairement une tempête. Cette proposition n’avait en réalité guère été travaillée, et elle ne constituait pas une priorité du candidat, de l’aveu même de ce dernier. Au vu de l’inquiétude suscitée auprès d’une partie de ses propres électeurs, il a donc rétropédalé. La conséquence que l’on pouvait craindre n’a pas manqué de se produire : ses adversaires dans la course à l’Elysée appuient là où ça fait mal en multipliant les propositions sur l’assurance-maladie. Faisant comme si celle-ci n’était pas confrontée à des défis financiers considérables, ils se lancent dans un concours Lépine de nouvelles dépenses : prise en charge à 100 % des soins dentaires et optiques, sans que l’on sache qui paierait ni comment, instauration d’une mutuelle publique à 10 euros par mois, créations de postes à l’hôpital, etc. Le volet économies nouvelles est en revanche quasiment inexistant, hormis le serpent de mer du projet de vente à l’unité des médicaments, qui pourrait certes permettre de dépenser moins, mais dont la portée budgétaire serait limitée. C’est à l’image de la primaire du PS, où l’on ne se soucie guère d’un quelconque bouclage financier. C’est plus inquiétant du côté d’Emmanuel Macron, qui va devoir muscler et préciser son programme pour la santé, s’il ne veut pas être taxé de simple opportunisme suite aux déboires de François Fillon. La prise en charge des maladies graves, l’organisation des soins sur le territoire ou encore la problématique de l’accès aux nouveaux médicaments très onéreux méritent un tout autre débat.

Etienne Lefebvre