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Le FN veut faire du procès qu’il intente à la Cgt un « événement, en faisant reconnaître le FN comme un parti comme les autres », dit son vice-président, après avoir proclamé qu’il n’était pas comme les autres qu’il qualifiait de « tous pourris ». Il pense y parvenir en combinant des thèmes sociaux, sensibles aux salariés, au registre habituel de l’extrême droite, nourri de racisme, de xénophobie, d’islamophobie et de nationalisme, dans un climat où se mêlent, mécontentement, colère face au quotidien inquiétude, angoisse et peur de l’avenir.

Mais le socle de son discours et de ses propositions, demeure le concept de « préférence nationale », qu’il se propose « d’inscrire dans le préambule de la constitution ».
La préférence nationale consiste à donner la priorité voire l’exclusivité aux Français pour accéder à un certain nombre de prestations de service public en matière de santé, de logement, de protection sociale, de politique familiale, etc…, Le FN prône également un accès prioritaire des Français à l’emploi et des taux de cotisation chômage et maladie majorés pour les travailleurs étrangers.
Ce principe abject est clairement xénophobe, raciste, islamophobe et raciste. Il totalement contraire aux principes fondamentaux défendus par la CGT et aux principes républicains.

Ce concept est contraire aux fondements et aux valeurs de la CGT, des principes et des valeurs de notre syndicalisme.

L’exercice du droit de l’action syndicale suppose une certaine homogénéité des participants. Or, comme l’a rappelé à plusieurs reprises la Cour de Cassation, « dans les thèses du Front National, le racisme et la xénophobie conceptualisés dans la notion « de préférence nationale » amène à subordonner la défense des intérêts professionnels à cette notion. Il en résulte un traitement différencié des intérêts des salariés (…) en fonction de la race, la religion ou de l’appartenance ethnique. (…) la préférence nationale constitue dans son essence, un appel à la discrimination interdit par l’article L 1132-1 du code du travail, de la constitution ainsi que de nombreux instruments internationaux ratifiés par la France. ».

La Cgt ne peut tolérer, sous peine de faillir à sa mission, qu’un de ses représentants, candidat de ce parti de surcroît, porte une telle conception destructrice des liens de solidarité et de l’action des salariés. La division et l’opposition des salariés entre eux, recherchées en permanence par le patronat et le gouvernement, nous le savons, sont le principal obstacle au succès de l’action revendicative.

La Cgt ne permettra pas que le FN utilise le syndicalisme pour imposer son idéologie politique. Elle n’est pas la seule. « La préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme » ont rappelé dans une déclaration commune la CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l’UNSA.

Ce concept est également aux principes républicains d’égalité, de fraternité et de liberté et aux textes internationaux (Convention 0IT 1949/1997)

La préférence nationale est contraire à l’égalité, dès lors que l’accès à l’emploi, à la protection sociale, à l’éducation à la santé, dépendra de l’origine du salarié. Et où s’arrêtera l’application de ce principe, en ces temps où la nationalité acquise peut être remise en cause ? Tous ceux qui ont un nom d’origine étrangère pourront se sentir menacés de discrimination, et la France a accueilli des générations d’immigrés, italiens, polonais, portugais, espagnols, algériens, marocains, tunisiens, africains…

La préférence nationale est contraire à la fraternité, dès lors que sa légitimité suscitera des divisions entre « les français de souche » et les autres. La solidarité si essentielle au vivre- ensemble dans les entreprises et les quartiers disparaîtra au profit de vives tensions, voire de violences comme on l’a vu en Italie, dans d’autres pays et déjà dans certaines de nos cités en France. L’Histoire nous a appris comment les choses se déroulent : certains commencent par en vouloir aux étrangers et finissent par dénoncer leur voisin parce qu’il a un nom, une religion, un comportement différent….

Le FN est opposé à la libre circulation des individus au sein de l’Europe au nom de la lutte contre l’immigration et de la préférence nationale. L’histoire de ce parti est jalonnée d’agressions contre la liberté des hommes et des femmes et leurs combats émancipateurs.

Le FN n’a donc pas changé. Il a modifié son discours pour élargir son influence en exploitant les angoisses de ceux que la politique libérale du gouvernement a plongé dans la désespérance. Il a compris tout le bénéfice qu’il pouvait tirer de la stratégie de Nicolas Sarkozy, qui pense désormais que sa seule chance d’être réélu en 2012 est de favoriser la progression du FN pour rééditer l’opération de 2002 : un 2ème tour de la présidentielle l’opposant au candidat d’extrême droite.